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Israël: la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" prolongée jusqu'à dimanche
information fournie par AFP 05/05/2026 à 18:49

Le militant pro-palestinien brésilien Thiago Avila, au tribunal d'Ashkelon le 5 mai 2026 ( AFP / ilia YEFIMOVICH )

Le militant pro-palestinien brésilien Thiago Avila, au tribunal d'Ashkelon le 5 mai 2026 ( AFP / ilia YEFIMOVICH )

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des militants de la "flottille pour Gaza", arrêtés au large de la Grèce, a indiqué mardi à l'AFP leur avocate, dénonçant "une tentative de criminaliser toute solidarité avec le peuple palestinien".

Le juge du tribunal de la ville côtière d'Ashkelon "a justifié la décision en expliquant que la police avait encore des interrogatoires à conduire", a expliqué à la sortie de l'audience Hadeel Abou Salih, avocate de l'ONG israélienne de défense des droits humains Adalah, qui représente le Brésilien Thiago Avila et l'Espagnol Saïf Abu Keshek.

Elle a fait appel de cette décision. L'audience en appel aura lieu mercredi devant la cour de Beersheba (sud), a précisé à l'AFP Adalah plus tard dans la journée.

L'Etat israélien, qui avait réclamé cette nouvelle prolongation de six jours, accuse les deux hommes de liens avec le Hamas palestinien au pouvoir à Gaza - ce qu'ils nient fermement.

Thiago Avila et Saïf Abu Keshek, qui est d'origine palestinienne, sont arrivés au tribunal pour l'audience les pieds entravés, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Durant leurs interrogatoires, "la plupart des questions concernaient leur activité au sein de la flottille", a dit leur avocate, regrettant qu'à ce "stade préliminaire" la police ne "fournisse pas" ses éléments.

"Il s'agit clairement d'une violation des droits de la défense", a déclaré à l'AFP Lara Souza, la femme de Thiago Avila.

Durant l'audience, a expliqué l'avocate, le juge a de nouveau listé les faits dont ils sont soupçonnés, notamment "assistance à l'ennemi en temps de guerre, contacts avec un agent étranger, appartenance à une organisation terroriste et assistance à une organisation terroriste".

Leur détention est "illégale et doit cesser maintenant", s'est insurgée Hadeel Abou Salih, "d'autant qu'il s'agit de deux étrangers arrêtés dans les eaux internationales, à environ mille kilomètres de Gaza, et emmenés en Israël contre leur volonté".

- "Aucune preuve" -

La flottille comptait au départ une cinquantaine de bateaux, avec pour objectif, selon ses organisateurs, de briser le blocus israélien du territoire palestinien dévasté par la guerre, où l'accès de l'aide humanitaire reste fortement restreint.

Les deux hommes avaient été arrêtés par l'armée israélienne jeudi au large de la Crète, avec quelque 175 autres militants de nombreuses nationalités, qui ont tous été rapidement relâchés en Grèce.

Le militant pro-palestinien espagnol Saif Abou Keshek au tribunal d'Ashkelon, le 5 mai 2026 ( AFP / ilia YEFIMOVICH )

Le militant pro-palestinien espagnol Saif Abou Keshek au tribunal d'Ashkelon, le 5 mai 2026 ( AFP / ilia YEFIMOVICH )

L'ONG Adalah a de nouveau dénoncé mardi les "mauvais traitements" et "abus psychologiques" infligés selon elle à Saïf Abu Keshek et Thiago Avila en prison, évoquant des interrogatoires de huit heures, un éclairage puissant en cellule 24H sur 24, un isolement total et des déplacements systématiquement les yeux bandés, même durant les visites médicales.

Les deux militants sont, selon l'ONG, en grève de la faim depuis leur arrestation, il y a six jours.

Les autorités ont rejeté toute accusation de mauvais traitement.

Il s'agit de la deuxième tentative de la flottille mondiale Sumud ("résilience" en arabe) d'accéder à la bande de Gaza. En 2025, à son premier voyage, plusieurs centaines de militants, dont la Suédoise Greta Thunberg et l'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, avaient été arrêtés en mer, transférés en Israël puis expulsés.

Les autorités israéliennes avaient justifié leur arrestation en disant qu'ils avaient pénétré dans une zone interdite.

A l'époque, Israël accusait déjà la flottille de liens avec le Hamas.

L'Espagne et le Brésil ont réclamé la libération de leur ressortissant. Madrid a qualifié leur interpellation dans les eaux internationales de "complètement illégale" et "inacceptable".

Madrid a aussi assuré qu'Israël n'avait fourni "aucune preuve" de lien avec le Hamas.

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